Or donc, lors de notre
anniversaire (cf. bien plus haut l’article qui évoque cette fête), nous reçûmes
en présent un coffret-gourmet correspondant à : « un dîner, une nuit
et un petit-déj » dans un hôtel de notre choix quelque part en France…
Apres mûres réflexions d’un an (quand même), plutôt que la Bretagne, l’Auvergne,
l’Alsace, ou que sais-je encore, notre regard s’est arrêté sur le Pays-Basque
que je ne connaissais que pour l’avoir traversé quelques fois, Francine pas du
tout.
Un seul hôtel est proposé
près de la côte.
De (très) bon matin, nous
voilà tous deux partis en amoureux, direction Bayonne. La mer est là mais on ne
la voit que par l’effet de la marée, variant sans cesse la hauteur de l’Adour
et le sens du courant sous le pont Saint Esprit. C’est ici, tout au bout du
pont que nous logerons cette nuit.
Mais d’abord, la visite de
la ville s’impose ! Sa partie historique suffira car il faut faire vite. C’est donc armé du
« guide vert » dans la main gauche, de l’APN dans la droite et de
notre courage partout que nous nous lançons. C’est une assez jolie ville pour
ce qu’on en voit, avec pourtant un je ne
sais quoi qui nous a laissé sur notre soif. Les maisons anciennes sont
belles, les rues ne sont pas sales, les rives de la Nive sont magnifiques mais…
Mais quoi ? Hein ? Je sais pas… Y a quelque chose qui a modéré notre
accroche…
Alors on a posé nos valises.
A l’hôtel.
Superbe vue directement sur
l’Adour à nos pieds. Bien que sise au 1er étage, notre chambre donne
à hauteur du tablier du pont si bien qu’il se présente à nous comme une
guirlande, posée sur l’eau quand la marée est haute, en suspension lorsqu’elle
est basse. En face, le confluent de la Nive est masqué par le bec du réduit
dominé par la cathédrale.
Le temps nous est compté,
destination Saint Jean de Luz qui en revanche nous a beaucoup plus plu. C’est
qu’elle est chic, avec ses magnifiques hôtels en bord de mer, sa plage immense
dont même le sable paraît aristocratique, sa promenade en hauteur débouchant
sur un petit port mignon tout plein creusé à l’embouchure de la Nivelle, une
église à la nef au baroque rococo (un peu chargé, vous voyez…) mais aux très
originales galeries de bois, superposées, comme, parait-il, il est commun dans
ce pays. Pas déçus.
Le dîner gourmet nous a paru
bon, sans plus, ça s’appelle comme ça mais je constate que ce n’est pas
vraiment l’objet car le restaurant n’est même pas répertorié au Michelin. Très
agréable soirée en tête à tête, comme à la maison depuis que Antoine nous a
quitté pour quelques semaines.
Une nuit réparatrice nous
remet en forme, nous avons décidé de prendre le train à crémaillère pour monter
à la Rhune. Il ne faut pas trainer ; il est néanmoins impératif de passer au préalable par la case « visite de
l’atelier du chocolat», y voir confectionner les choses hors de prix achetées à
la boutique en sortie. La belle couleur que voilà… Du coup nous ne parvenons à
la gare de départ, au-dessus de Saint Jean, que vers 11 h00 ! C’est bien
trop tard ; l’attente aux guichets est supérieure à 1 h 00 alors que
le cadencement des trains est de 35 mn… Tout ce monde… en septembre… Le
parc-auto dispose de 150 places alors qu’il doit y avoir aux bas mots 400 ou 500
voitures. Les bas-côtés, la moindre surface plane ; les chemins adjacents,
voire les perpendiculaires sont donc envahis de bagnoles en vrac, bite à cul ou
plus ou moins vautrées, parfois dans les fossés. Que doit-ce être en été ?
On abandonne car nous avons
rendez-vous avec Marie à Biarritz à 15 h 00.
Biarritz ; si St Jean
de Luz a du caractère, que dire de Biarritz ? Villas princières, immeubles
Art déco, architecture BCBG FH[1]
de bon aloi. On ne s’étonnerait pas de croiser une people de haut de gamme sortant
des toilettes publiques en mocassins à talons plats. La ville a beaucoup de
charme chic, vraiment ! Je vous ferai grâce du rocher de la vierge, de la
plage de la côte des basques aux surfeurs foisonnants, vous les avez mille et
mille fois vus en peinture, photos, films et tout ce qui supporte ou véhicule de
l’image. En revanche, j’ignorais qu’il y eut un port ! Enfin port… 4 bassins
carrés endigués gagnés sur la mer, à sec à marée basse, dans lesquels
s’échouent quelques barcasses de pêcheurs strictement locaux. On aurait
pourtant pu imaginer que, quelque-part,
des yachts luxueux se balançaient au gré de la houle, mais non, pas une voile
au large, pas un jet-ski, pas de skieur nautique ou de parachutiste ascensionnel ;
c’est un des traits d’ici, la richesse est là, se voit, mais s’affiche autrement
qu’à la façon bling-bling de la côte d’Azur.
A 15 h Marie est là ! Ça
doit faire 4 ans qu’on ne s’est plus vus ; elle est magnifique, c’est maintenant
une « vraie » femme qui doit faire chavirer des cœurs… Elle nous présente
son amoureux, quelqu’un de bien en première impression, de simple en tout cas, et
j’aime ça. Ils semblent heureux, souhaitons leur du bonheur autant qu’ils
pourront en accumuler.
Le temps de baguenauder dans
la ville, de se rafraîchir la glotte en terrasse, déjà il est temps de se
séparer. Nous avons réservé à Combo, dans l’arrière pays… Ben oui, c’est là le
principe piégeux de ces coffrets « tout
compris » ; après s’être tapé 600 bornes pour venir pas question de
rentrer à la maison de suite, faut pas gâcher, alors on reste une nuit ou deux
de plus, le temps de mieux visiter ; c’est du gratuit qui coûte, on
partira pas dans le trou avec. L’arrière pays [doit-on dire l’arrière pays
comme il se fait ici ? Je pense que c’est l’inverse, le pays d’abord, la
côte ensuite] est superbe, vert à souhait piqué de maisons blanches aux
peintures rouges ou vertes ou bleues, pas autre chose. L’hôtel est très propre,
voire impeccable, la chambre très agréable. Nous visiterons
demain…
Ben non !
La petite douleur ressentie
par Francine s’est, au cours de la nuit, transformée en souffrance ! Pas
ou peu de sommeil, visite du médecin pour administrer une piqûre calmante après
diagnostic d’une tendinite du côté du nerf sciatique. On passe par la pharmacie
pour s’équiper en calmants puis l’autoroute de retour nous guide jusqu’à la
maison. 6 heures de route, elle peut à peine bouger, allongée dans la voiture,
assommée par les médocs Antoine est là qui a passé la nuit à sa maison, je le reconduis
à Nîmes en soirée. Pas question de massage ou quelque manipulation que ce soit,
rien n’y fait, elle a mal.
La nuit passe, agitée.
Les voyages forment la
jeunesse dit-on en dicton… Que font-ils à la vieillesse ?
Levé de bonne heure, je « monte »
vers l’ordi transférer, supprimer ou traiter les quelques grosses dizaines de
photos prises en 2 jours. Vers 8 h00 Francine se lève. Je descends voir comment
elle va. Un peu mieux mais elle a toujours très mal. Après m’être assuré de son
petit déjeuner, je remonte et là… un coup de poignard dans le ventre !
C’est l’image la plus proche pour exprimer ce que je ressens, à mon tour de
souffrir… Plié en deux (trois ou quatre…) j’essaie de ne pas hurler car je suis
un homme, un vrai, c’est con mais c’est ainsi. J’attends que ça passe, sans
rien dire, j’ignore encore que c’est pas près de se faire… je finis par
descendre entre deux « crises », me rase en trois fois (on ne peut se
voir dans un miroir quand on est accroupi) avant d’aller, vomissant en chemin, chez
la voisine, notre médecin traitant qui, voyant mon état me prend en urgence au
nez et à la barbe de « ceux qui ont rendez vous ». Piqûre à mon tour,
appel du 15 et direction les urgences d’où je ne ressortirai que vers 23 h 30.
Coliques néphrétiques. Du coup, Francine en oublie ses propres maux, les femmes
sont ainsi faites qui pensent d’abord aux autres.
Depuis le caillou est sorti,
hier, par les voies naturelles ! Je le sais car j’ai ordre de filtrer mes
pipis pour récupérer l’intrus à fin d’analyse.
On est beaux tous les deux, nous
nous connûmes plus frais.
[1] Beau Cul Belle Gueule Foulard Hermès